Logiciels Libres : un peu d’histoire

Dans un monde structuré par les NTIC (Nouvelles Technologies de l’Information et de la Communication), la démarche “Libre” évoque une utilisation alternative de ces outils, comprise comme une réaction à l’accroissement du pouvoir des GAFAM (Google Apple, Facebook, Amazon et Microsoft). Le Libre semble ainsi ancré dans un contexte post-internet dans lequel les aspirations sociales apposées aux outils numériques semblent être une préoccupation grandissante des citoyens. 
 

Le terme “logiciel” est la traduction française du terme anglais “software”. En pratique il se définit en opposition au hardware, la partie matérielle d’un ordinateur, le software définit donc sa partie immatérielle. Les logiciels sont composés de programmes informatiques et permettent aux ordinateurs d’effectuer des tâches. Il existe une variété de logiciels, on compte : les systèmes d’exploitation, les moteurs de recherche, les applications etc. 


En réalité, l’histoire du Libre est connexe à l’histoire de l’informatique. En effet, jusque dans les années 1970, seules certaines entreprises avaient les moyens financiers de s’acheter des ordinateurs et donc les logiciels associés. 
Dans le but de valoriser l’innovation et l’amélioration de ces logiciels, ces entreprises avaient un intérêt particulier à laisser les chercheurs et développeurs disposer de ces logiciels notamment pour les étudier et les modifier. Cependant, un bouleversement s’opère lorsque des développeurs commencent à considérer la centralité future des logiciels dans le numérique et leur potentielle utilisation globale dans la société. Bill Gates, fondateur de Microsoft en 1975 publie ainsi en 1976 “An Open Letter to Hobbiyst”. Une lettre ouverte dans laquelle il dénonce la faible protection des créations des développeurs. En Octobre 1976, le Copyright Act qui fixe le droit de propriété est adopté aux Etats-Unis. À partir de cet évènement, les logiciels sont désormais protégés par le droit d’auteur américain. 
C’est la naissance des logiciels propriétaires. Les logiciels deviennent donc des produits commerciaux et il faut désormais demander à l’auteur du logiciel pour avoir accès au code source du logiciel dans le but de le modifier, l’étudier ou le copier. 

L’utilisation “libre” des logiciels qui était donc une pratique déjà courante émerge en tant que réponse idéologique au modèle économique de la commercialisation des logiciels. 
Ainsi, dans les années 1980, Richard Stallman un programmeur de système d’exploitation au MIT constate les restrictions d’utilisation des logiciels propriétaires. Il se confronte à l’impossibilité de modifier le code source de l’imprimante de son laboratoire en raison d’un contrat de non-confidentialité avec l’entreprise propriétaire Xerox. De cette frustration, il développe un problème éthique : Pourquoi développer des logiciels dont l’usage sera restrictif, dont le code source sera caché, et une copie ou un partage du logiciel impossible, à cause des droits du propriétaire du logiciel ?
C’est à partir de cette réflexion que le mouvement du logiciel libre né : de pratique universitaire, il se structure en idéologie avec un paradigme et des structures. De manière générale, les logiciels sont régis par des licences, ce sont des contrats par lesquels les titulaires des droits d’auteurs d’un logiciel définissent les conditions dans lesquels les utilisateurs peuvent utiliser, modifier, partager les logiciels. Dans le cadre des revendications libres de l’utilisation des logiciels, Richard Stallman crée en 1984 et en collaboration avec la FSE la licence de distribution GNU GPL qui garantit 4 libertés des logiciels libres (modification, diffusion, étude du code source, utilisation).  

Actuellement, on peut distinguer les logiciels par leurs contrats de licences, ainsi les logiciels propriétaires dont l’auteur est le seul à pouvoir modifier ou diffuser le logiciel s’opposent aux logiciels libres que l’on peut étudier ou adapter à ses besoins et dont on peut redistribuer des copies. Cependant le terme libre est utilisé dans le sens de liberté et non gratuité, en effet il existe les gratuiciels qui sont des logiciels propriétaires gratuits qui peuvent être distribués, copiés et utilisés gratuitement. 

 

Il convient donc de se demander quelles structures soutiennent, de nos jours, le mouvement du Libre et quelles sont les utilisations actuelles des logiciels libres ? Sont-ils appropriés et appropriables par le plus grand nombre comme le souhaitait Richard Stallman ? 

 

Sources :